3/. Finir dans la rue

Apr 04 2011

Au 21ème siècle Simon était un ours en peluche peu ordinaire. Il était fait main. Il avait été confectionné spécialement pour les 3 ans du jeune Jonathan. Des années durant ils vécurent une vie de légende allant au secours de princesses en détresse, de peuples opprimés ou bien encore de galaxies entières.

Jonathan et Simon étaient inséparables. Le jeune garçon lui jura qu’ils ne seraient jamais séparés. Mais le Destin arrive toujours à ses fins. Et bien que Jonathan réussisse à sauver Simon lors d’aventure plus que périlleuses et qu’il le sorti plusieurs fois des griffes du maléfique nettoyage de printemps et ses cohortes de poubelles ; vint un jour où ils furent séparés à jamais.

C’était un été, Jonathan avait 11 ans. Il était en croisière en Méditerranée avec ses parents. Alors qu’ils se promenaient à la proue du paquebot pour admirer le panorama, Jonathan rencontra Marie Louise. Elle avait 12 ans, on lui aurait donné le bon Dieu sans confession. Elle demanda à Jonathan si elle pouvait regarder Simon. Jonathan rougit, hésita ; mais encouragé par ses parents, il lui tendit Simon avec son plus beau sourire. La jeune fille le prit délicatement, le regarda sous toutes les coutures.

D’une petite voix aigue elle dit à Jonathan,

« Tu as vraiment beaucoup de chance d’avoir un tel nounours, il est magnifique… »

Son visage fut parcouru un bref instant d’un sourire dément,

« … mais les nounours ne sont pas fait pour les grands garçons »

A ces mots elle jeta l’ourson par-dessus bord.

Jonathan hurla, il fut inconsolable des jours durant et décida de ne plus jamais se lier avec un jouet toute sa vie durant. Il devint un grand analyste financier.

Quand à Simon, il erra une éternité dans les eaux méditerranéennes, jusqu’à ce qu’il échoue sur une côte d’une grande cité portuaire. Il remerciait le créateur de l’avoir sauvé. Il était décidé à retrouver Jonathan. Marchant dans les rues, à l’abri du regard des humains, il rencontra d’autres jouets. Contrairement à Simon, ils avaient été abandonnés. Ils l’incitèrent à faire une halte dans leur communauté, pour reprendre des forces et réunir toutes les informations dont il avait besoin pour retrouver Jonathan. Simon accepta et il avait eu tort. Il apprit qu’il été séparé de plusieurs milliers de kilomètres. Il perdit espoir. Le petit ours en peluche commença à boire ; pour se donner de l’espoir disait-il. Il quitta la communauté des jouets abandonnés et commença un voyage sans retour où il constaterait, mais trop tard, qu’il n’aurait jamais dû commencer à boire.

Ceci est un texte improvisé sur le joli dessin qui m’a été offert par Mathieu. L’exercice consiste à imaginer une histoire de manière spontanée, en prenant la première idée qui me passe par la tête, de l’écrire et l’ajuster en moins d’une 1h – celui ci a été réalisé en un peu moins de 40min.

One response so far

/2. Les dents du bonheur

Mar 27 2011

Ce texte peut se lire avec le mashup de Divide & Kreate crazy in the deep

Michel était un ver de terre comblé. Il avait trouvé un sens à sa condition de lombric.

Cela s’était passé alors qu’il faisait ses premiers pas sous terre. Il était tombé nez à nez avec un bulbe de Lys plongé dans un profond désarroi. Son propriétaire l’avait oublié depuis fort longtemps. La terre était devenue trop dure pour lui. Il n’arrivait pas à s’y épanouir.

Touché par la détresse du bulbe, Michel lui jura de l’aider. Il se mit à l’œuvre et travailla sans relâche la terre qui l’entourait des jours durant.

Petit à petit le travail de Michel porta ses fruits, le Lys s’épanouit. Une fois hors de terre, il devient la seule plante vivante au beau milieu d’un coin de jardin terreux. L’étrange phénomène ne tarda pas à attirer ceux du dessus. Ils furent très enthousiastes et ne tardèrent pas à planter graines et bulbes divers pour accompagner le Lys.

Cette situation mis en joie le jeune Michel qui s’empressa de tout faire pour que les nouveaux arrivants vivent dans une terre qui soit la plus agréable possible.

Très vite la rumeur se répandit dans le jardin. Michel le ver était un héro. Il était devenu celui qui avait fait revivre le « coin ». Quand ils le croisaient, certains de ses congénères lui demandaient pourquoi il faisait cela.

« Si une plante s’épanouit grâce à mon travail et que ceux du dessus s’arrêtent pour la contempler, alors je peux vous le dire, je suis le plus heureux des lombrics. »

Depuis lors, tous ceux qui ont la chance de s’arrêter dans ce jardin y passent toujours un agréable moment, mais aucun d’eux ne sait qu’ils doivent cela à Michel Le Sauveur Du Coin.

Ceci est un texte improvisé sur le joli dessin qui m’a été offert par Lilou. L’exercice consiste à imaginer une histoire de manière spontanée, en prenant la première idée qui me passe par la tête, de l’écrire et l’ajuster en moins d’une 1h – celui ci a été réalisé en un peu moins de 50min.

One response so far

#13 lil’ world

Mar 20 2011

my world

Depuis longtemps elle avait façonné un petit espace à son image, un havre. C’était un endroit dans lequel elle se sentait bien, parfaitement à l’aise. Ce lieu était hors de l’espace et du temps mais elle ne pouvait en profiter que quelques minutes par jour.

Comme beaucoup, Elle aurait pu s’enfermer dans ce monde parfait et se déconnecter de la vie réelle. Elle n’en fit rien.

Elle décida que ses rêves et ses envies pouvaient prendre forme dans la vie réelle, qu’ils pouvaient la porter. Sans jamais perdre l’esprit, elle déploya une somme d’énergie folle pour modifier sa réalité et l’orienter dans la direction qui l’intéressait. C’est ainsi qu’elle sortie de la trame du grand Dessein. Désormais, elle présidait à sa destiné, plus rien ne pourrait infléchir sa volonté.

Aujourd’hui, on raconte que chacune de ses apparitions enveloppent tous ceux qui la croisent d’une divine chaleur, de celle qui vous gonfle d’enthousiasme et vous invite à vous dépasser.

Ceci est un texte improvisé sur le thème : Démarrage. Il a été réalisé en 20min et a été offert à Aline C. dans un petit carnet dans lequel plein de gens lui ont laissé des petits mots pour lui dire qu’ils étaient à la fois heureux & déçus de la voir quitter le navire Publicis Modem. Avant la mise en ligne le texte a été retravaillé 10min afin d’ajuster quelques éléments.

No responses yet

#12 Prendre la porte

Feb 07 2011

Elle avait décidé de franchir le pas.

Elle était à présent seule face à une porte, au milieu d’une plaine qui s’étendait à perte de vue. Après un moment d’hésitation elle l’ouvrit. La porte ne donnait sur rien d’autre que la plaine. Elle fulmina. On s’était moqué d’elle.

Et pourtant…

Elle voulut la refermer violemment; mais ne pouvait s’y résoudre ; elle n’avait pas fait tout ce chemin pour rien. Elle resta là à penser à ce qui se serait offert à elle si cette porte avait vraiment été magique. Après plusieurs minutes, entre colère et dépit mais aussi parce qu’elle n’avait rien à perdre, elle en franchit le seuil. C’est alors qu’elle disparut dans une explosion d’étoile. La porte se referma et resta là sans bouger d’un centimètre.

Parmi ses amis, nombreux sont ceux qui reçurent de ses nouvelles. Elle était heureuse où elle se trouvait et cela les mettaient en joie.

Ceci est un texte improvisé sur le thème : Le départ. Il a été réalisé en 15min et a été offert à Audrey dans un petit carnet dans lequel plein de gens lui ont laissé des petits mots pour lui dire qu’ils étaient à la fois heureux & déçus de la voir quitter le navire Publicis Modem. Avant la mise en ligne le texte a été retravaillé 10min afin d’ajuster quelques éléments.

One response so far

/.1 Changer d’angle

Feb 02 2011


Ron était rond, il était né comme ça. C’était un rêveur et toute sa vie il avait tout fait pour conserver son regard d’enfant. Certains le trouvaient naïf mais Ron ne s’en souciait guère car il n’avait qu’une envie : enthousiasmer le monde et aller de l’avant. Ce n’était pas chose évidente car Ron vivait dans un monde rigide, borné, carré. A mesure qu’il avançait il s’y sentait à l’étroit ; il restait toutefois convaincu que les choses s’arrangeraient. Et il avait raison.

Un jour, alors qu’il arrivait à la Grande Bordure de ce monde fait d’angles, Ron rencontra d’autres ronds. Ils étaient plus petits que lui mais ils étaient plein d’envie. Cela emplit Ron d’énergie, il savait qu’il avait atteint son but et que ce monde allait changer.

Ceci est un texte improvisé sur le joli dessin qui m’a été offert par Guillaume Merlen. L’exercice consiste à imaginer une histoire de manière spontanée, en prenant la première idée qui me passe par la tête, de l’écrire et l’ajuster en moins d’une 1h – celui ci a été réalisé en moins de 20min.

2 responses so far

#11 l’enthousiasme chevalresque

Jan 31 2011

Ce texte peut se lire avec le mashup de Fissunix Aint No Stairway High Enough to Hip Hop Heaven

Les gens déploient des efforts formidables pour arriver à réaliser leurs objectifs. Parmi tous ces gens les dieux ont créés une catégorie de personnes hors du commun. On les appelle dans le monde de Gniafurl les Kevaliers.

Un vrai Kevalier est loyal. Sur son fier destrier, quoique cela lui coûte, il honorera tous les serments qu’il prête.

John était Kevalier. Il était fort, très beau et l’univers l’avait doté d’un don unique : être toujours là où il y avait du grabuge. Au fil du temps il avait appris à utiliser littéralement sa tête pour résoudre tous les conflits auxquels il faisait face.

Un jour qu’il s’était arrêté pour laisser paître son cheval, son attention fut attirée par un groupe de paysans qui semblaient fuir leur village. Il les interpela.

« Que se passe-t-il ? Pourquoi courrez-vous ? »

« La famine kevalier, cela fait trop longtemps qu’elle nous oppresse. Nos terres sont devenues stériles, nos cours d’eau se sont taris. Nous n’en pouvons plus, nous partons le plus loin possible d’ici. »

A ces mots son regard brilla de mille feux. Il leur lança son plus beau sourire et pointa un index magistral vers le petit groupe.

« Ne vous inquiétez pas, en tant que Kevalier je m’en vais bouter cette Famine en dehors de vos terres ! En attendant prenez mes provisions ! » A ses mots il sauta sur son destrier, jeta un sac de nourriture vers les paysans et parti au galop vers le village.

L’atmosphère était pesante. Le village était à l’abandon et il y avait une légère brume qui flottait au dessus du sol. Alors qu’il explorait une petite maison, il tomba nez à nez avec une vieille femme qui n’avait que la peau sur les os. Elle était assise devant une cheminée sans feu.

« Madame, je cherche une dénommée Famine, vous ne l’auriez pas vu ? Je suis Kevalier. »

D’une voix presque inaudible, la vieille lui répondit « Vous ne pourrez jamais combattre ce fléau… »

« Rien ne résiste à l’esprit Kevaleresque. A moi seul, j’ai sauvé nombre de demoiselles en détresse ; occis des dragons ; triomphé d’armées de morts vivants et bien plus encore !! » rétorqua fièrement John.

« La Famine n’à que faire de la force… » La voix de la femme n’était plus qu’un murmure.

« Et que faut il ? Dites le moi et je trouverai ce qu’il faut ! Rien n’est impossible quand on est Kevalier ! »

« Que… les… gens … nourriture… faim… » Elle laissa échapper un râle.

« Foi de Kevalier, que les dieux m’en soient témoin, je jure sur mon épée que je vais traquer cette Famine et la chasser de la région ! Puis je veillerai à ce qu’elle ne vienne jamais troubler votre tranquillité vieille femme ! ».

A ces mots John sorti, laissant ; sans l’avoir remarqué ; la vieille dame qui venait de rendre son dernier souffle. Fier de son serment, il partit en direction du cœur du royaume bien décidé à arrêter son nouvel ennemi.

Dans sa quête, il découvrit que la Famine avait de nombreux séides à son service : rois, bandits, monstres et parfois même Dame Nature elle même.

L’énergie qu’il déployait forçait l’admiration de tous ceux qui le croisaient tant et si bien que personne n’a jamais osé lui dire la vérité sur la nature réelle de son ennemi.

Ce fut le combat de sa vie.

Ceci est un texte improvisé sur le thème : Le beau, le bon et le benêt.. Ce thème a été proposé par Benjamin Mercadier. Un texte improvisé est un exercice d’écriture et de recherche icono / audio réalisé en 1h. Le thème a été proposé sur ce site dans les commentaires ou par des gens dans la vraie vie. Il est tiré au sort juste avant le début de l’exercice. La phase d’écriture est suivie d’une phase de 20min de relecture histoire de corriger les fautes et d’ajuster quelques éléments.

2 responses so far

#10 Une idée et un génie

Dec 05 2010

Ce texte peut se lire avec le mashup de Mashup Germany Endboss Shoop

Georges était gentil. Il n’avait qu’un but faire plaisir aux autres. Il cultivait la pensée positive. Réaliste, il essayait d’agir à son niveau, sans jamais faire de grands projets, car ces grands projets nécessitaient d’autres personnes et qu’avec elles tout était toujours compliqué.

Un jour qu’il sortait les poubelles, un sifflement aigu lui perça les tympans. Une minute après sa vieille R12 garée devant son petit pavillon explosa. Le souffle de l’explosion le projeta sur le perron de sa maison. Sonné, perturbé par un larsen strident, il se releva péniblement et fixa les restes de sa voiture d’un air bête. En un instant une foule de voisins se rua presque devant chez lui. Presque, parce que leur courage s’arrêtait  à un périmètre de sécurité imaginaire de plus ou moins 20 mètres que leur inconscient avait tracé. Ils murmuraient.

Georges ne leur prêtait aucune attention. Il avait l’impression de flotter dans du coton. Son attention se fixa sur une lumière bleutée qui palpitait à l’endroit où aurait dû se trouver le siège du conducteur. Prudemment, boitant légèrement, il s’approcha de la source lumineuse. Sans trop y réfléchir il prit l’objet dans ses mains : c’était une gourde de randonnée. Elle ne lui appartenait pas. Georges détestait la randonnée. Sa mâchoire se décrocha lorsqu’il prit conscience qu’une gourde tombée du ciel avait explosé sa R12. Le pire c’est que cette gourde était en parfait état…

Effaré, il l’examina et la retourna dans tous les sens. Il vit une inscription masquée par de la suie. Il la frotta avec la manche de son sweat-shirt. Un éclair l’ébloui. Surpris il ferma les yeux, lâcha la gourde et se jeta par terre, se protégeant la tête avec ses mains.

« Hummm, désolé pour votre voiture. »

George, ouvrit les yeux d’un air inquiet. Quelqu’un se tenait en face de lui. Un ado d’après sa voix et qui aimait les années 80 s’il se fiait aux Stan Smith qu’il voyait.

« Relevez–vous, vous ne craignez rien »

Joignant le geste à la parole, le jeune homme aida George à se remettre debout. La mâchoire de ce dernier manqua de se décrocher de nouveau. Il se trouvait sur un carré de pelouse mais tout autour de lui il n’y avait rien, si ce n’est un grand vide blanc.

« Ah oui… nous nous sommes absenté du monde des vivants. C’est plus simple pour moi, pour vous parler… »

« Et… vous… vous… ét…  le coupa » Les pensées de Georges se bousculaient, elles n’arrivaient à pas former le début d’une pensée claire.

« Le génie de la Grande Gourde ! Vous avez le droit à 2 vœux mineurs, qui vous touchent directement et 1 vœu majeur, du genre qui change la phase du monde mais… »

A ces mots les neurones de Georges se mirent tous en ordre de marche et transportèrent à la vitesse de l’éclair le plus grand rêve qu’il ait jamais eu.  Il y pensait depuis qu’il avait 16 ans. Depuis qu’il avait passé sa première soirée à refaire le monde avec son meilleur ami. Ce soir là ils s’étaient dit deux choses. La première était qu’il leur faudrait construire une raquette géante pour renvoyer la comète de Hâlé le jour où elle menacerait vraiment la Terre. La seconde était de trouver un moyen de…

« donner à tous les gens sur Terre des sous gratuits illimités ! » s’écria George d’un air complètement hystérique. Il sautillait sur place, puis se figea. Il pointa sur le génie un index magistral et lui lança d’un ton sans réplique.

« Je veux que tous les gens sur Terre puissent avoir accès à des sous gratuits autant qu’ils le veulent ! ».

« Et bien… d’accord… ».

Le génie claqua des doigts. Un petit « plop » se fit entendre. George se retrouva dans son jardin, seul avec sa gourde. Ses voisins le regardaient comme s’il n’avait jamais quitté les lieux. Le plus téméraire d’entre eux lui lança de derrière sa haie.

« Vous allez bien ? Vous voulez qu’on appelle les autorités ? ».

« Non merci, ça ira » lui répondit il d’un air absent. Il rentra chez lui et  se rua sur la télévision. Quelques minutes plus tard tous ceux qui restaient à proximité de la maison purent entendre des hurlements de joie.

A lui seul George avait pu régler l’un des problèmes les plus important que le monde connaissait : l’inégalité des richesses des différents états de la planète. George frotta une nouvelle fois sa lampe, il eu une discussion avec son génie, qui lui appris qu’il y avait une condition à son rêve : il ne devait jamais se séparer de la Grande Gourde sinon son vœu n’aurait plus d’effet.

Un jour plus tard, le pâté de maison de Georges explosa. Le monde lui ne changea pas d’un iota et tout le monde put continuer à profiter des sous gratuits.

Ceci est un texte improvisé sur le thème : De l’argent gratuit, c’est ça la solution!. Ce thème a été proposé par Brouzouf44. Un texte improvisé est un exercice d’écriture et de recherche icono / audio réalisé en 1h. Le thème a été proposé sur ce site dans les commentaires ou par des gens dans la vraie vie. Il est tiré au sort juste avant le début de l’exercice. La phase d’écriture est suivie d’une phase de 20min de relecture histoire de corriger les fautes et d’ajuster quelques éléments.

One response so far

#9 A quoi peut bien penser un videur ?

Nov 29 2010

Ce texte peut se lire avec le mashup de DJ Topcat The Same Old Fuck You

Le Balastar est l’une des boîtes les plus en vue de tout le pays. Comprenez qu’avec le Balastar il y a 3 catégories de personnes : les gens normaux, ceux qui ont du pouvoir et/ou de l’influence et pour finir ceux qui ont leur entrée dans ce lieu emblématique. Tout ceux qui ont la chance d’y aller vous le diront : une soirée au Balastar vous redonne toute l’énergie qu’il faut pour une durée indéterminée le tout sans stupéfiant ! C’est un concentré d’enthousiasme ! Une porte ouverte sur un avenir chatoyant !

20 ans que le Balastar existe. 20 ans qu’Alphonse y travaille. Du haut de ses 2m10, forts de ses 130 kg, il assure à lui seul le rôle de gardien du temple. Tous les soirs, il se trouve à côté de la porte d’entrée dans un costume noir impeccable, droit comme un i. Les deux mains refermées sur une cane qu’il tient devant lui il fixe la foule. Alphonse n’a pas besoin de parler, son regard le fait à sa place. D’ailleurs, personne ne sait à quoi il peut bien penser. En revanche, tout le monde le sait, s’il pose ses grands yeux verts sur vous, c’est que vous devez partir. Personne ne remet en cause son jugement et cela depuis le jour de l’ouverture. Le seul jour où il s’est battu et a envoyé au tapis cinquante personnes qui étaient venues en découdre parce qu’il avait refusé l’entrée à leur chef de bande.

Alphonse a 45 ans. S’il a accepté ce travail c’est que parce qu’il lui permet de profiter pleinement de ses journées. Et ces journées sont très importantes pour Alphonse.

Lorsqu’il ne travaille pas Alphonse se retranche dans son havre, à plus de 45min de moto du Balastar. C’est une petite maison en pierre de taille plantée au milieu d’un immense verger. Dès qu’il en franchit le seuil, il ne va pas se coucher mais se rend dans son atelier, une pièce immense aux couleurs chatoyantes. Ses murs sont recouverts d’étagères toutes lourdement chargées d’un bric-à-brac incroyable. En son centre se trouve une table en bois massif sur laquelle trône une antique machine à coudre, des dizaines de chutes d’étoffes diverses accompagnées de tout un tas de trucs et de machins nécessaires pour faire de la couture. Une fois qu’il est dans cette pièce Alphonse n’est plus le videur du Balastar mais Sealphon ; un inventeur de Doudou de génie dont les créations s’arrachent à prix d’or sur Etsy.  Et personne ne sait que toutes ses idées Sealphon les a lorsqu’il joue au Sphynx pour le Balastar toutes les nuits que dieu fait. Personne sauf vous :)

Ceci est un texte improvisé sur le thème : Malabar bigoût. Ce thème a été proposé par Poney. Un texte improvisé est un exercice d’écriture et de recherche icono / audio réalisé en 1h. Le thème a été proposé sur ce site dans les commentaires ou par des gens dans la vraie vie. Il est tiré au sort juste avant le début de l’exercice. La phase d’écriture est suivie d’une phase de 20min de relecture histoire de corriger les fautes et d’ajuster quelques éléments.

2 responses so far

#8 Méfiez-vous des élèves qui dorment

Nov 21 2010


Ce texte peut se lire avec le mashup de FAROFF Walrus of Choice

Jeanne était une prof de français respectée, LE modèle à suivre.

Alors qu’elle avait été propulsée dans l’une des pires ZEP du pays, elle avait obtenu le respect de tous les élèves du lycée George Krinderfend en moins d’un mois. A la grande stupéfaction de ses collègues, dès la fin de la première semaine Jeanne était LA prof  dont il fallait suivre les cours. Ceux qui osaient sécher étaient, plus ou moins violemment, rappelés à l’ordre par leurs camarades.

L’établissement avait fait la Une des informations locales le jour où tous les élèves s’étaient décidés à remettre en état tous les bâtiments du lycée que des générations de jeunes avaient rigoureusement détériorés.

C’était un vrai miracle, rendu possible grâce à une petite prof qui ne payait pas de mine. Les parents étaient heureux que leurs enfants rentrent dans le droit chemin. Le principal avait décidé de remettre à plus tard son suicide et nombre de professeurs en arrêt maladie étaient miraculeusement revenus. Mais les plus heureux étaient ceux du Ministère. Ils utilisaient l’exemple Krinderfend comme preuve irréfutable que leur programme de formation des jeunes enseignants était à la hauteur.

Tout le monde semblait se satisfaire de la situation, sauf Marc.

Marc était le prototype de l’élève moyen. A 17 ans il était en Terminal  L. Toute sa scolarité il avait trainé une moyenne de 11,85. Il était toujours caché sous la capuche de son sweat, même en cours, car Marc était différent. Il ne ressentait rien, ni émotion, ni douleur. Du coup il avait servit de sac de frappe très tôt. Pour échapper aux autres il avait appris à être transparent. Sa capuche le protégeait, il était dans son monde, un univers dans lequel personne ne pouvait le voir mais où il pouvait observer qui il voulait.

Marc connaissait chacun de ses camarades de classe. Il savait que leur changement de comportement n’était pas normal. Pendant plusieurs mois il resta dans son monde à observer Jeanne, à essayer de comprendre comment elle faisait. Un jour alors qu’elle posait sa sacoche sur la table, il comprit. C’est ce jour qu’il décida de l’attendre à la fin des cours et de la suivre.

Elle rentrait toujours en transport en commun chez elle. Pour quelqu’un d’aussi invisible que Marc la traque fut facile même si ce n’était pas dans ses habitudes. Il était tellement focalisé sur l’objet de sa filature qu’il ne remarqua pas tout de suite l’endroit où elle entra : un entrepôt dans la zone industrielle proche de lycée. Il voulu partir mais sa conscience accompagnée de sa curiosité l’implorèrent d’aller plus loin. Il trouva très vite ce qu’il cherchait, une fenêtre ouverte. Il empila quelques caisses qui trainaient et grimpa. Il s’arrêta la tête à peine passée, il cru entendre Jeanne qui discutait avec quelqu’un.

« … et sincèrement je n’aurai jamais pensé que ce procédé pouvait être si efficace. Pourquoi les cartels n’y ont pas pensé avant ? Nous avons sans doute le plus grand échantillon de testeurs à portée de main sans rien risquer. »

Un homme à la voix mielleuse et hésitante lui répondit.

«  Vous savez, synthétiser sous forme de spray de telles drogues est complexe. Il faut un certain… humm… comment dire… savoir-faire pour y arriver. Et les idées… humm… brillantes comme les m… vôtres, si elles paraissent évidentes, ne le sont pas pour tout le monde. »

« J’ai au moins la preuve que nos produits sont suffisamment puissants pour maîtriser les fortes têtes et leur faire faire ce que je veux. Imaginez ce que nos clients pourront en faire partout dans le monde ! Un régal mon bon Yonel, un ré-gal !! »

Ils éclatèrent de rire, un rire qui prenait des accents de démence.

Face à cette révélation, Marc oublia un instant qu’il était en plein numéro d’équilibriste. Il glissa et se vautra lamentablement dans un tas de cartons plus bas. Alors qu’il essayait de compter ses membres, deux gorilles le soulevèrent de terre. Sans un mot ils l’emmenèrent devant Jeanne.

« Regardez moi ça Yonel, c’est un de mes élèves. Intéressant, intéressant. Si tu m’as suivi c’est que mes drogues ne font aucun effet sur toi. Yonel ? »

« Oui Madame ? »

« Je crois que vous avez un nouveau sujet d’expérimentation. Il est urgent de savoir pourquoi cela ne marche pas sur lui. »

« Bien madame. Hummm… suivez moi messieurs. »

Marc ne réagit pas. Il savait qu’il ne pouvait rien faire. Les deux gorilles emboitèrent le pas à Yonel. Ils s’enfoncèrent dans l’obscurité du hangar.

Quelques années plus tard Jeanne entra au Ministère de l’Education. En grande pompe, elle lança le programme «  Arc en Ciel » qui visait à redonner des couleurs à tous les établissements d’enseignements du pays en suivant SA méthode.

On ne revit jamais Marc.

Ceci est un texte improvisé sur le thème : Une prof de français qui fait fumer du spliff à ses élèves, parce que de toute façon ils ne faisaient pas un très grand usage de leur cerveau. Et au moins comme ça la classe est calme.. Ce thème a été proposé par Anmryn. Il a été raccourci car trop de précision nuit à l’improvisation. Nous avons pros les mots clés de cette proposition afin de laisser divaguer notre imagination. Ce texte a donc été écrit sur le thème suivant : Prof – drogue – élève. Un texte improvisé est un exercice d’écriture et de recherche icono / audio réalisé en 1h. Le thème a été proposé sur ce site dans les commentaires ou par des gens dans la vraie vie. Il est tiré au sort juste avant le début de l’exercice. La phase d’écriture est suivie d’une phase de 20min de relecture histoire de corriger les fautes et d’ajuster quelques éléments.

4 responses so far

#7 Le monde en gelée

Nov 14 2010


Ce texte peut se lire avec le mashup de Party Ben Ooh La La Summer Nights

Archi  Arigbal était heureux.

Sa femme, Rosaline, avait toutes les qualités d’une parfaite femme d’intérieure en plus d’être une romancière qui commençait à avoir un certain succès. Ses enfants, John et Beckie, étaient les plus doués de leurs lycées. Archi ne déméritait pas. Il était à la tête d’un petit empire immobilier composé d’une douzaine de fonds de commerce et de 25 appartements. Il l’avait bâti lui même grâce à son flair pour les bonnes affaires et à un réseau de connaissances immenses. C’était là que résidait la force d’Archi.  Certains murmuraient qu’il était le Parrain de la ville. C’était faux. Archi était simplement une personne qui nouait facilement des liens et qui n’avait pas son pareil pour mettre en relation les gens au moment où ils en avaient le plus besoin. Jamais il n’avait abusé de la situation, jamais il n’avait demandé de retour à qui que ce soit.

Les journées d’Archi étaient bien remplies. Sa vie et celle de sa famille suivaient une course paisible que rien ne semblait pouvoir arrêter.

Un soir d’hiver, alors que la soirée était déjà bien avancée, une Coccinelle s’arrêta devant le pavillon des Arigbal. Une vieille femme en sortit péniblement. Elle sortie une cane et s’avança voutée et avec peine vers la porte de la demeure. Cette femme tranchait avec le décor. Elle portait une toge d’un blanc éclatant qui était visiblement trop grande et trainée par terre. Elle était coiffée d’un chapeau de paille à larges bords sur lequel elle avait plantée une pâquerette en mousse aux couleurs criardes. Pour finir ses yeux étaient masqués par des lunettes de soleil violettes qui faisaient 2 fois la taille de sa tête.

Après un moment qui paru durer une éternité, elle arriva devant la porte. Avec sa cane, elle appuya sur la sonnette qui était trop haute pour elle.

Archi ouvrit la porte. Pendant un instant il chercha quelqu’un à son niveau mais il fut très vite attiré par un raclement de gorge sonore.  Il fixa la veille dame d’un air mi étonné, mi amusé. Elle lui décocha un sourire dans lequel la lumière du perron se refléta brusquement. Archi fut forcé de fermer les yeux, il fut bousculé.

« Archi Arigbal ? » lui lança-t-elle d’une voix faible et tremblante.

Encore ébloui, il la chercha du regard. Elle s’était assise derrière lui sur une chaise à l’intérieur de l’entrée.

«  Moui, que puis je pour… » Mais il n’eut pas le temps de finir.

« C’était une question de rhétorique bougre d’imbécile. » Alors qu’elle parlait, il se rendit compte que ses dents étaient toutes ornementées de diamants et de rubis.

« Notre monde s’apprête à vivre le pire moment de son histoire. Les fondements de notre société vont s’écrouler un à un.  Vous avez été victime depuis des années d’une illusion, mais sans que nous ne sachions pourquoi vous faites partie de ceux qui n’ont pas craqué. Vous, Archi Arigbal, devez me suivre. » Elle ôta ses lunettes et le fixa avec de petits yeux bleus, si perçants qu’il avait l’impression qu’elle pouvait lire en lui.

« Mais je… comment dire » Encore une fois il n’eut pas temps de finir. La femme d’Archi apparue dans l’entrée.

« Mon chéri, il faut que tu viennes voir ce qu’ont fait les enfants, c’est absolument formidable, je t’avais bien d… ». Elle explosa en une masse noire informe.

Archi se retourna vers la vieille femme. Elle affichait un sourire satisfait et rangeait un fusil à pompes sous sa toge.

Archi était pétrifié. Il savait qu’il devait hurler mais il ne savait pas pourquoi.

La petite veille lui donna plusieurs coups dans les tibias. Archi la regarda l’air bête.

« Portez moi jusqu’à ma voiture »

« Qu… »

« PORTEZ MOI JUSQU’A MA VOITURE DEHORS MAINTENANT »

Sans réfléchir, Archi la prit dans ses bras et se rua en direction de la Coccinelle. Il la plaça sur le siège passager.

« PAPA ! REVIENT »

Archi s’arrêta et se retourna. Il avait entendu la voix de John et Beckie mais ce qui se trouvait devant la porte ne leur ressemblait pas. On aurait dit un duo de gelées noires avec des cerises confites en guise d’yeux.

« Trop tard bande de nazes » A ces mots la vieille femme, appuya sur le bouton rouge d’un petit boitier qu’elle tenait dans ses mains. La maison explosa.

« Mais que… »

« ARCHI ARIGBAL, MONTEZ DANS CETTE VOITURE ET ROULEZ »

Sans chercher à comprendre, Archi grimpa et démarra en trombe.

Alors qu’ils sortaient de la résidence, la vieille femme prenait un malin plaisir à appuyer sur le bouton rouge de son boitier. A chaque fois qu’elle l’actionnait on entendait un bruit de détonation.

« Je m’appelle Rose. Soyez heureux vous êtes en vie ! Ce que vous avez vu ici n’est qu’un avant goût de ce qui va arriver dans les jours à venir. Ce ne sera pas une mince affaire mais nous avons deux options : mourir ou se débrouiller pour que tout se finisse bien. Laissez moi tout vous expliquer… »

Ceci est un texte improvisé sur le thème : Souris demain ce sera pire!. Il a été proposé par Bones. Un texte improvisé est un exercice d’écriture et de recherche icono / audio réalisé en 1h. Le thème a été proposé sur ce site dans les commentaires ou par des gens dans la vraie vie. Il est tiré au sort juste avant le début de l’exercice. La phase d’écriture est suivie d’une phase de 20min de relecture histoire de corriger les fautes et d’ajuster quelques éléments.

3 responses so far

Older »